Choisir son associé : tenir compte de la répartition du capital et du statut

Réussir sa relation d’associés : mars 2013

choix_associe_contexteL’histoire personnelle, l’environnement économique d’un futur associé ainsi que son statut sont à prendre en compte dans le choix d’un associé comme nous allons le voir dans l’exemple suivant.

Paul fonde une agence d’architecte sous la forme juridique d’une SA. Il n’est pas salarié ayant préféré un statut d’indépendant. Après quelques années, il souhaite s’agrandir.

Quelques années plus tard, Paul et Denis collaborent chez des clients lors de partenariats. Ils apprennent à se connaitre et fonctionnent bien ensemble. Denis avait créé une SARL avec Maud, quatre années auparavant. Ils sont en réflexion sur une nouvelle étape de développement de leur société. Ils décident de rejoindre l’agence de Paul, en tant qu’associés et en apportant leurs clients. Paul porte 70% des parts, Denis investit dans la SA à hauteur de 20% et Maud à 10%. Ils rédigent un pacte d’associés. Paul garde son statut d’indépendant. Denis et Maud sont salariés.

Paul et Denis s’investissent autant dans l’agence, l’un et l’autre. Ils ont des profils similaires. Le développement de l’agence repose essentiellement sur eux deux. La relation entre les trois associés n’est pas fluide. Ils se retrouvent régulièrement à deux contre un, en fonction des problématiques. Maud ne souhaite pas s’investir plus que cela. Denis pense qu’il a fait une erreur en acceptant de ne pas avoir le même nombre de parts que Paul car son investissement est identique. Il se reproche d’en avoir sous-estimé l’impact dans le quotidien et se dit qu’il aurait du faire un prêt bancaire pour acheter plus de parts lorsqu’il s’est associé avec Paul.

Enseignements à tirer de cette situation

Répartition du capital et partage du pouvoir

Ici, le montant de l’investissement révèle les différences et donne le pouvoir à Paul. Or Denis veut une égalité dont il n’a pas les moyens. Ce sujet doit être abordé : Paul accepte-t-il de partager le pouvoir avec Denis ? Si oui, le pacte d’associés pourrait prévoir le rachat progressif de parts par Denis jusqu’à un certain seuil. Si non, Denis n’aurait pas du s’associer avec Paul car l’organisation est incompatible avec ses objectifs personnels et professionnels.

Les différences de forme juridique sont révélatrices de réalités distinctes pour chaque associé

  • Paul a pu constituer une SA qui demande un apport en capital plus important qu’une SARL. Denis a créé une SARL dont le capital social est peu élevé. Leur histoire personnelle fait que l’un dispose d’un capital et de disponibilités financières qu’il souhaite faire fructifier et que l’autre doit se créer un capital par le fruit de son travail. Leurs besoins et leurs objectifs sont-ils compatibles ?
  • Les statuts différents (indépendant et salarié) ne permettent pas de comparer rapidement les rémunérations. Ils pourront être sources de désaccords dans le futur et influeront sur la qualité de relation des associés.

Sécuriser la situation est différent de sécuriser la relation

Paul pense avoir sécurisé la situation en prenant la majorité avec 70% des parts ce qui lui donne le pouvoir de décision. Il a omis de sécuriser la relation avec Denis. Ce dernier a accepté la répartition des parts 70, 20, 10 uniquement parce qu’il n’avait pas les moyens financiers, à l’époque, de faire autrement. Il estime qu’il travaille autant que Paul à la valorisation de la société, comme il l’avait fait pour sa SARL. La relation avec Paul n’étant pas égalitaire, il a beaucoup de mal à l’accepter. C’est pourquoi, il recherche par tous les moyens à remettre de l’équilibre en s’opposant.

Regard du coach

La répartition des parts doit être un sujet de dialogue, d’échange. Elle influence la dynamique de la relation. Faire évoluer la répartition des parts selon le contexte et l’environnement. Aucune décision de répartition n’est définitive.
Associés et…Heureux! Oser tout aborder pour durer page 38.

Investir dans la relation d’associés

  • Prendre le temps de creuser les difficultés relationnelles révèle l’importance accordée par chacun à la qualité de la relation d’associés. Des solutions pourront émerger dans le respect de chacun.
  • S’interroger avec un professionnel sur les besoins et les objectifs personnels de chaque associé en prenant le temps d’en développer les conséquences sur la relation des associés au quotidien permet de mettre à jour des incompatibilités et les compatibilités.

 

Publié par Marie-Laure VOISARD en mars 2013 dans Réussir sa relation d’associés

Vous avez aimé... partagez :

Partager sur Tweeter
Partager sur Facebook
Partager sur Linkedin
Partager sur Scoop it!

Ces articles peuvent vous intéresser

Laisser un commentaire