Chronique d’une entreprise familiale : esprit d’une fondation

Réussir sa relation d’associés : octobre 2013

entreprise familialeRencontre de la fondatrice et gérante d’une société de réalisation audiovisuelle et de Marie-Laure Voisard, coach d’Amvoilure.

Comment l’intuition d’une femme a permis de passer d’une logique artistique à une logique économique – Travailler en famille peut permettre à chacun de développer et d’épanouir des compétences en participant à un « être ensemble entrepreneurial ».

D’où vous sont venues cette idée et cette envie de créer une société ?

Après 35 ans de salariat dans l’enseignement, la publicité et l’édition, j’avais envie de créer et d’inventer quelque chose dans le domaine de la communication. De plus, je voulais fusionner dans une entreprise les talents artistiques de mon mari (compositeur) et de mes deux fils, déjà « grands enfants » engagés dans des expériences professionnelles audiovisuelles (l’un cadreur monteur, l’autre musicien, attaché de production de spectacles vivants).

Passer d’une envie à la création d’une entreprise, qui plus est en famille, suppose une foi en son projet, une vraie détermination !

J’ai eu de la chance. Mes « trois hommes » ont bien voulu me donner un coup de main sans imaginer qu’ils se lançaient avec moi dans une aventure entrepreneuriale. Ils avaient un regard prudent sur l’entreprise, univers qu’ils ne connaissaient que de l’extérieur. Leurs compétences techniques et artistiques étaient pour moi incontestables et je voulais les valoriser, au sens propre, leur donner une valeur marchande. La création d’une entreprise me semblait un levier réel, et cela s’est vérifié.

Quel type de société avez-vous constitué et comment ?

Nous avons créé une SARL en 2007 dont je suis la gérante à 51 %. Chacun a payé ses parts, c’était important de démarrer en vrais associés.

Comment avez-vous commencé ?

Ce fut une véritable mutation, surtout pour moi qui quittais le confort du salariat. C’est tellement différent quand il faut construire sa propre offre, se rendre visible, assurer sur tous les fronts. Nous avons appris au fur et à mesure : étudier le marché, prospecter, découvrir les lois commerciales, apprendre ce qu’est un client, ce qu’il veut, ce qu’on va pouvoir lui vendre.

Puis, j’ai trouvé le premier client et « mon équipe » a naturellement mis en œuvre la technique pour répondre à son besoin promotionnel.

Comment communiquez-vous entre vous ?

Nous avons toujours beaucoup parlé au sein de la cellule, même si parfois c’est vif : ce qui doit être dit est dit. Tous nos apprentissages nous les avons faits ensemble, avec de nombreux débriefing, en respectant le domaine de chacun. Quand nous sommes en tournage, pas question de se contredire devant le client. Avec la variété des demandes, nous avons eu de bons résultats, ce qui fait que la confiance entre nous sur le plan professionnel est venue assez vite.

Depuis le début, même si nous sommes de la même famille, les assemblées générales ont toujours été tenues en vrai. Nous partageons tout ce qui concerne notre société. Personne ne prendrait un engagement sans en parler aux autres et nous votons pour les décisions importantes.

Vous êtes quatre associés, que se passe-t-il si vous vous retrouvez 2 contre 2 ?

Cela n’est jamais arrivé depuis 6 ans. En cas de blocage, j’assumerais ma fonction de gérante majoritaire.

Vous vous êtes répartis les rôles, de quelle façon ?

J’assure la responsabilité de la société en tant que gérante. Je m’occupe de la gestion administrative et financière, d’une partie du commercial et bien sûr du rédactionnel. Je pilote les commandes (préparer, organiser, coordonner…) : en résumé tout ce qui n’est pas technique. Mes trois associés se répartissent les fonctions techniques (caméra, son, montage, informatique…), car chaque mission exige de nouvelles solutions. Apprendre à satisfaire le client nous a structurés. Au bout de 6 ans, notre mode de fonctionnement s’est inscrit dans un cadre très précis.

Mais notre vision et la place de chacun ont totalement évolué. Heureusement j’ai été délestée du rôle de locomotive par nos deux fils qui ont pris en main les deux pôles parallèles de l’Image et du Son.

Ceci fera l’objet d’une suite sur ce blog avec le prochain article de Paroles d’entrepreneurs : « Chronique d’une entreprise familiale – L’évolution »

A retenir :

L’esprit qui sous-tend la fondation de cette société familiale, repose sur les fondamentaux professionnels de la réussite d’une entreprise :

  • Un porteur de projet fédérateur et mobilisateur d’une équipe
  • Une étude de marché et la construction d’un service
  • Des compétences professionnelles adaptées à l’offre de l’entreprise. La conscience, pour tous, de devoir acquérir de nouvelles compétences pour servir le client au mieux.
  • Des temps prévus pour les échanges, les débats, les débriefings, les ajustements nécessaires pour maintenir la qualité : du lien entre associés, de la réponse aux besoins des clients
  •  Un respect de la législation concernant l’entreprise : une mise de fond par tous les associés, des assemblées générales tenues réellement, le rôle du gérant respecté….
  •  Un mode de prise de décision défini et accepté par les associés
  •  Une organisation et une répartition des rôles : claires et pouvant évoluer dans le temps.

Publié par Marie-Laure VOISARD en octobre 2013 dans Réussir sa relation d’associés

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