Etre leader et entreprendre en famille

Réussir sa relation d’associés : juillet 2014

entreprendre en famille -etre leaderRencontre d’un conseiller en création et développement des entreprises et Marie-Laure VOISARD, coach du cabinet Amvoilure, spécialisée dans la relation professionnelle d’associés. Dans cette deuxième partie, il nous parle de sa deuxième expérience d’entrepreneur en famille après nous avoir partagé, dans un article précédent : Etudiant-entrepreneur, passer de la théorie à la pratique.

Vous êtes passionné par l’entreprenariat. Après une première expérience réussie en tant qu’étudiant-entrepreneur, votre choix d’arrêter fut motivé par la volonté de rebondir, en créant une nouvelle structure, fort de l’expérience acquise.

Cette réussite m’a encouragé à vouloir créer ma structure dans le même secteur, en capitalisant sur cette première expérience.

Comment avez-vous constitué votre équipe ?

J’ai beaucoup réfléchi au choix de mon équipe me disant que cette fois-ci j’allierai cohésion de l’équipe et savoir faire. J’ai choisi de travailler en famille, pensant que je prendrai moins de risques sur le plan relationnel. Mon frère nous avait aidés dans l’expérience précédente. De plus, nous avions une grande complicité commerciale tous les deux. D’autre part, j’ai demandé à mon amie, nous nous entendions bien tous les trois sur le plan personnel. Nous avions la même ambition : ne pas être trop gourmants les trois premières années pour laisser la société se développer.

Qu’est-ce qui c’est passé réellement ?

J’avais omis de valider la « relation en direct » entre mon frère et mon amie. Il y a eu des susceptibilités et du brouillage. Je me suis retrouvé entre les deux. Et pendant un moment la communication a été rompue. En fait, avec mon frère on a poursuivi l’expérience précédente, en prenant les choses comme elles se présentaient, sans concertation, sans vision globale et sans mesurer le travail de chacun. De plus, n’ayant jamais travaillé avec mon amie, je découvrais que nous n’avions pas la même rigueur, la même exigence ni le même engagement.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile en tant que leader de cette société ?

J’ai voulu avoir un capital de départ suffisant. J’ai apporté 60%, mon frère 30% et mon amie 10%. Et, j’ai demandé à ma famille et mes amis de m’aider pour un investissement ce qui m’a mis une grosse pression. Je pensais jours et nuits à ma société et négligeais mon couple.

Qu’avez-vous fait alors ?

Au bout de trois mois de cette mauvaise ambiance, j’ai envoyé un mail à mon amie et à mon frère en leur demandant de venir à une réunion que j’organisais pour réfléchir à notre façon de fonctionner ensemble. Nous avons fait un tableau qui récapitulait les compétences et les rôles de chacun ainsi que les objectifs de la société. Nous nous sommes fixés des règles de savoir-vivre et de savoir-être entre nous. Par exemple, s’il y a un quiproquo ou une incompréhension le dire en expliquant pourquoi et en étant constructif.

Mon amie, qui voulait sauver son couple, a proposé de créer des règles de vie entre nous deux comme ne pas parler boulot le dimanche.

Ca a marché ?

Oui mais c’était trop tard. Le salon se terminait. Nous avions perdu trop de temps et les résultats furent moins bons que prévus : moins de visiteurs que la première année. Nous avions une dette bien que nous nous soyons rémunérés à minima.

Qu’est-ce qui c’est passé après ?

Mon frère a trouvé un travail à l’étranger. Des concurrents ont voulu nous racheter car nous avions un bon potentiel, une communication originale et maligne. On a hésité avec mon frère pendant cinq mois. Nos concurrents n’ont plus voulu nous racheter et ont piqué nos idées. J’ai arrêté la société par liquidation car j’ai voulu rembourser mes dettes à ma famille, qui avait fait une « tontine », pour pouvoir entreprendre à nouveau plus tard. Avec mon amie on s’est séparé.

Qu’avez-vous appris de cette deuxième expérience ?

Mélanger vie privée et business n’est pas une bonne chose surtout quand on n’a jamais travaillé ensemble. De plus, ma dette familiale a fait que certains m’ont tourné le dos. Ils avaient une vision médiatique de l’entreprise : ca rapporte de l’argent sinon on est un « raté ». J’ai pourtant tout remboursé. Je n’avais pas mesuré l’importance des charges forfaitaires trop lourdes par rapport à nos rémunérations.

Quels conseils donneriez-vous à des entrepreneurs ?
  • Comprendre les ambitions de chaque associé
  • Voir si tous les associés ont des compétences en cohérence avec l’activité
  • Etre transparent sur ses compétences : quand on ne sait pas faire, le dire.

A retenir

Le propre d’un entrepreneur est de savoir saisir des opportunités pour l’entreprise, ce qui demande de la réactivité. Etre au clair avec ses associés sur le projet lui permet de prendre des décisions rapidement.

  • Avant de s’associer :
  • La qualité de la relation entre associés contribue à la réussite du projet. C’est pourquoi la mise en place de réunions régulières pour travailler ensemble est indispensable et permet de :
    • échanger sur le projet, la stratégie, les compétences requises,
    • affecter les rôles,
    • définir les façons de fonctionner ensemble,
    • fixer les processus,
    • valider ou remettre en question ce qui est décidé
    • construire la cohésion.
  • Accepter d’apprendre de ses erreurs.

L’expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs. Oscar Wilde.

 

Publié par Marie-Laure VOISARD en juillet 2014 dans Réussir sa relation d’associés

Vous avez aimé... partagez :

Partager sur Tweeter
Partager sur Facebook
Partager sur Linkedin
Partager sur Scoop it!

Ces articles peuvent vous intéresser

Laisser un commentaire