Etudiant-entrepreneur, passer de la théorie à la pratique

Réussir sa relation d’associés : juin 2014

etudiant entrepreneurRencontre d’un conseiller en création et développement des entreprises et Marie-Laure VOISARD, coach du cabinet Amvoilure, spécialisée dans la relation professionnelle d’associés. Dans cette première partie, il nous parle de ce que lui a appris sa première expérience d’étudiant-entrepreneur. Il nous partagera sa deuxième expérience dans notre prochain article : Etre leader et entreprendre en famille.

Vous êtes passionné par l’entreprenariat. Comment avez-vous commencé ?

Ma première expérience entrepreneuriale a démarré avec mon projet de fin d’école de commerce, en 2006. Nous avions un budget de 4 000 €, devions créer le business model d’un projet et expérimenter sa pertinence sur le terrain.

Comment vous est venue l’idée de ce projet ?

C’était un peu par hasard, puis avec une première étude de marché, nous avions vu que le marché était existant et accessible, on s’est dit « pourquoi pas ? ».

Comment l’équipe s’est-elle constituée ?

C’était une équipe de 2 étudiantes, déjà constituée. Très vite, j’ai été intégré au projet car nous avions, tous les trois, une passion pour la culture japonaise et une certaine complémentarité. Mon frère est venu nous aider par la suite. Je travaillais principalement sur la partie commerciale avec le gérant.

Quelle structure juridique avez-vous créée ?

Au départ, nous avions pensé à une association puis finalement nous avons opté pour une SARL, avec un gérant majoritaire.

Quel était le projet entrepreneurial ?

Le challenge était de faire venir le maximum de monde sur deux jours sur un salon grand public, autour de la culture japonaise. Il fallait choisir le lieu parisien, trouver des partenaires, louer et agencer les stands à des exposants, assurer la sécurité. Nous avons créé un forum sur Internet, trouvé des partenaires de renom, prospecté dans toute la France, avec notre voiture, utilisant notre réseau, nos amis et bien sur en allant au contact direct d’inconnus ciblés. Une chaine TV nous a suivis. Nous avons créé un logo, distribué des « flyers ».

Le résultat fut un succès : 8 000 visiteurs, 95% de la superficie louée et nous fumes lauréat d’un incubateur

Avez-vous poursuivi ?

La deuxième édition fut aussi un succès, 13 000 visiteurs. Nous partions d’une base solide, fruit de notre travail de défrichement et de structuration de l’année précédente. Pourtant, nous n’avons pas poursuivi cette aventure qui était une réussite.

Pourquoi avoir arrêté ?

Nous étions plusieurs associés dont un était gérant majoritaire. Or, celui-ci a été en conflit avec les deux associés restant. Devant cette situation, je me suis retiré car j’ai compris, très vite, qu’il n’y aurait pas d’amélioration possible et que je risquais de perdre mon dynamisme entrepreneurial dans des conflits sans fin.

De quel ordre étaient ces conflits ?

Le gérant « s’embrouillait » avec tout le monde (ses amis, ses partenaires, ses clients…), ce rôle était, pour lui, une source de stress. Un manque de communication essentiellement : des désaccords entre associés sur la façon de faire, un déséquilibre dans le travail fourni entre nous, une absence de transparence et de confiance. Je n’étais pas le leader, car j’avais rejoint l’équipe. Je me disais que si j’étais gérant je m’y serai pris autrement.

Qu’avez-vous appris de cette première expérience ?

Le plaisir d’avoir réussi un challenge : partir de rien et réussir à faire venir 13 000 personnes à un salon grand public. Depuis toujours, j’ai souhaité être entrepreneur et là j’ai eu la conviction que mon rêve était réaliste. J’étais à ma place. Je prenais du plaisir. Il fallait s’engager, travailler dur sans forcément beaucoup de revenus mais le résultat en valait la peine. J’ai gagné en confiance en moi, en estime de moi ce qui est nécessaire pour pouvoir entreprendre à nouveau. Je suis passé de la théorie à la réalité, cette expérience m’a confirmé dans l’orientation de mon projet professionnel : entreprendre. Je voulais recommencer très vite l’expérience en tant que leader.

Quels conseils donneriez-vous à des étudiants d’école de commerce qui ont envie d’entreprendre ?
  • Expérimenter sur le terrain l’envie d’entreprendre. On apprend en faisant.
  • Prendre le temps de vérifier l’accord des associés sur la stratégie, la répartition de l’argent. 
  • Le gérant doit être transparent sur l’aspect financier avec les associés, même s’ils ne sont pas majoritaires, car cela structure la confiance.
  • Accepter de faire des erreurs et que les autres en fassent
  • Se réjouir de pouvoir entreprendre même si c’est épuisant.

A retenir

  • Pour assurer la pérennité d’une entreprise, la qualité de la relation entre associés prime sur sa réussite. Vérifier, en amont, que la personne qui prend la gérance de la société accepte de jouer collectif. Dans une petite structure,  composée uniquement d’associés opérationnels, il ne peut pas y avoir de « petit chef », mais un leader reconnu par chacun. La mise en place d’un pacte d’associés permet d’aborder et clarifier les règles de fonctionnement.
  • Savoir se retirer d’une relation d’associés lorsqu’il n’est pas possible de trouver une solution afin de ne pas perdre son énergie entrepreneuriale.
  • Définir les rôles de chacun en fonction des préférences et des compétences. (cf. chapitre 3, Associés et … Heureux ! Oser tout aborder pour durer)
  • Faire des points réguliers sur les résultats et redéfinir les rôles si besoin.

 

Publié par Marie-Laure VOISARD en juin 2014 dans Réussir sa relation d’associés

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