Passer le cap professionnel de la quarantaine – 1ère partie

Sujets chauds, Traverser les moments clés : février 2017

wash my sky - clean environment conceptPremière partie : assumer son parcours

La quarantaine fait partie de ces moments clé de la vie où des changements de cap professionnels sont possibles. C’est souvent à cet âge que l’on fait ses premiers bilans de vie. Où en suis-je par rapport à mes rêves, mes désirs, mon ambition ? Après une expérience professionnelle significative, qu’est-ce-que je souhaite vraiment pour demain ? Qu’est-ce que je veux garder ou qu’est-ce que je ne veux plus ? Une maturité nouvelle favorise la prise en main de son projet professionnel et donne le courage de remettre en question ce qui ne pose plus question.

Si je prends mon cas personnel, c’est à cet âge que ma vie professionnelle a basculé. Des événements personnels ont accéléré un changement professionnel. La période de transition fut inconfortable. Je manquais de recul sur mon parcours et ne m’appuyais pas suffisamment sur mes compétences, mes forces. Je me suis faite aider puis former. J’ai testé et osé m’orienter vers ce beau métier de coach. J’ai adoré ressentir une énergie nouvelle, découvrir, apprendre, créer. Mes 40 ans me propulsèrent dans un nouveau monde, celui des entrepreneurs. Ce changement radical me fut nécessaire mais ce n’est pas le cas pour tous.

Se réapproprier son expérience

Peu avant 40 ans, je venais d’assumer la responsabilité et la conduite d’un changement structurel réussi. Ayant dû gérer de nombreuses résistances, fortement investie, j’étais fatiguée et manquais de recul. Je ne valorisais plus mon expérience professionnelle à sa juste valeur. Heureusement j’ai été invitée à la relire lors de différentes formations et accompagnements. J’ai pris une distance avec ce vécu professionnel. Je me suis réappropriée mes forces, mes expériences, mes choix, mes compétences ce qui m’a permis de voir apparaître, peu à peu, une ligne directrice et dans le même temps une légitimité qui m’a aidée à me positionner avec mes interlocuteurs.

Un travail de tri et de relecture de ses expériences professionnelles favorise le recul, l’appropriation de son parcours et de ses compétences.

Par leurs expériences et apprentissages, les quarantenaires ont acquis une aisance tant sur le plan relationnel que sur le cœur de leur métier. Ils ont pu tester différents types de cultures d’entreprise, de gouvernance, de management ayant, pour la majorité, déjà changé soit de job, de société, de patron, de service ou de métier… Ils ont élargi leur point de vue sur la vie professionnelle et souvent, savent ce qui leur convient ou pas.

Comprendre les interactions d’une organisation, assumer une légitimité dans son métier et savoir ce que l’on ne veut plus – à défaut de savoir ce que l’on veut – favorise une ouverture aux opportunités.

Avoir confiance en sa légitimité…et s’ouvrir aux autres

Pourtant, je rencontre des quarantenaires qui, n’ayant pas encore intégré la richesse de leur parcours professionnel, attendent de la reconnaissance, des propositions ou n’osent pas tout simplement. Sans s’en apercevoir, ils envoient un message contradictoire à leur interlocuteur du type : « je suis compétent mais prouvez-le-moi ! » et montrent leur inadéquation avec leur environnement parce qu’ils restent centrés sur eux. De plus, ils révèlent, ainsi, leur manque de leadership.

A 40 ans, à priori, vous avez des compétences, tant en savoir-faire qu’en savoir-être, à vous de les assumer pour pouvoir vous tourner vers les autres et construire avec eux la prochaine étape de votre vie professionnelle.

En posant des questions concrètes, précises, vous dévoilez votre connaissance et votre expérience de l’activité, de l’environnement, des enjeux… Échanger entre professionnels, tout simplement sans chercher à prouver quoique ce soit, révèle vos aptitudes et vos capacités. Il s’agit de construire la suite de votre vie professionnelle en manifestant ce que vous savez faire et ce que vous voulez faire.

Assumer votre légitimité professionnelle facilite le positionnement avec les interlocuteurs qui participeront à la construction de votre futur.

Exposer ce que vous voulez faire, c’est aussi être capable de se projeter dans les responsabilités de l’entreprise comme de participer à la gouvernance par exemple ou de prendre la direction d’un site, d’un projet, d’une nouvelle équipe. Oser exprimer clairement votre désir de prise de responsabilité, une attente en termes de positionnement permet à vos interlocuteurs (votre hiérarchie actuelle ou future, si vous êtes en cours de recrutement) de vous donner des informations sur leur vision de l’avenir et de votre place dans leur projet. Selon la réponse vous pouvez continuer à vous projeter ou pas et rebondir plus facilement.

Partager avec vos interlocuteurs votre compréhension, vos attentes et besoins vous aide à vérifier si vous (et eux) êtes compatibles pour travailler dans cet environnement. Si ce n’est pas possible, vous serez fixé et pourrez rebondir sans perdre de temps.

 

Pour conclure cette première partie, je dirai que la quarantaine est une bonne occasion de faire un bilan du chemin parcouru, et de se poser tranquillement la question de ce que l’on a envie de faire. Finalement, on a rarement l’occasion de s’imposer cette prise de recul, et on est bien souvent surpris de ce que l’on constate. C’est un fait : en plus de 15 ans, on a appris, compris pas mal de choses ; on peut se faire confiance sur beaucoup de points, et se positionner avec les autres en osant, simplement, sa légitimité.

Le prochain article qui paraitra en mars 2017 sera consacré au passage à la phase 2 : après le « oser regarder », le « oser agir ».

Publié par Marie-Laure VOISARD en février 2017 dans Sujets chauds, Traverser les moments clés

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