Quitter une grande entreprise pour s’associer et créer sa propre structure

Réussir sa relation d’associés : février 2015

 

 

Young attractive business people - the elite business teamSe préparer à quitter une entreprise du CAC40 pour monter un projet entrepreneurial avec un ou plusieurs associés nécessite d’intégrer de nouveaux repères sociaux et économiques pour être en adéquation avec son business et cohérent avec la culture d’une start-up, d’une TPE ou d’une activité libérale.

Quitter l’esprit du salariat pour entreprendre

Beaucoup d’anciens cadres me parlent d’abord de leur rémunération future avant de parler de leur business et des clients à conquérir. Ils me demandent comment s’associer de façon équitable entre associés quand l’un touche une pré-retraite alors que l’autre a besoin de sa rémunération ? Ou bien ils prévoient sérieusement une rémunération et des avantages sans aborder la spécificité de leur projet et ce qu’ils pourront apporter aux clients.

Ces questions, pour moi, sont révélatrices de ce que leur réflexion entrepreneuriale a pour référence le statut de salarié. Elle est basée d’avantage sur la rémunération et les avantages à préserver que sur un business en construction et la recherche de clientèle.

S’associer pour entrer dans la dynamique business

Ceux qui construisent une relation d’associés autour d’un projet entrepreneurial vivent ce changement de culture plus facilement. Les échanges sur les différents thèmes (définition du projet, structure juridique, répartition des parts, business plan, budget, répartition des rôles, pacte d’associés, stratégie de développement, choix de prestataires qui portent des compétences complémentaires aux associés…) les aident à entrer dans la dynamique du business, à se projeter concrètement dans ce que sera la nouvelle activité et les futurs clients.

Ces discussions font émerger le positionnement de chacun, révèlent forces et faiblesses, favorisent le passage à l’action et construisent, peu à peu, un « être ensemble d’associés ». Ce sentiment d’appartenance à une équipe (deux associés ou d’avantage) donne une nouvelle identité qui facilite la découverte et l’acquisition des nouveaux repères sociaux et économiques. Comme toute aventure humaine, l’équipe permet de fêter les succès ou de transformer des échecs en apprentissage de nouvelles compétences à acquérir pour réussir ensemble.

Le démarrage d’une entreprise est d’abord une aventure humaine avant de devenir une aventure économique.

A retenir

  • Passer d’une grande entreprise à une création d’entreprise, c’est changer d’échelle à tous les niveaux.
  • Changer de culture prend du temps : le temps de chacun est différent car il dépend de sa relation à lui-même, à son entourage et environnement.
  • Avoir organisé une réserve financière permet une disponibilité d’esprit et un confort nécessaire à tout apprentissage.
  • Construire et partager un projet avec un ou plusieurs associés favorise l’acquisition de nouveaux repères sociaux et économiques indispensables à la compréhension de son marché et à son positionnement.
  • S’investir dans la relation avec les associés c’est contribuer à la réussite du projet. Cela ne signifie pas d’être d’accord sur tous les points abordés. Il s’agit de trouver un mode de communication qui permette de respecter les différents points de vue avant de prendre des  décisions.
  • Parfois, il faut savoir arrêter un projet à temps pour pouvoir rebondir avec la richesse de l’expérience acquise de ce changement d’échelle économique.

 

Publié par Marie-Laure VOISARD en février 2015 dans Réussir sa relation d’associés

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9 commentaires : “Quitter une grande entreprise pour s’associer et créer sa propre structure”

  1. Effectivement la création d’entreprise (même en prof libérale) c’est changer d’échelle à tous les niveaux. A mes débuts aussi (de créateur) je pensais plus à mon revenu qu’aux enjeux de mes clients. Passer du salariat à l’entrepreneur c’est comme un esquimau qui va vivre au Serengeti.

    Après qq claques et le bon conseil de mon expert-comptable qui à la question que je lui posais en 2004 : « dois-je créer mon activité en prof lib, EURL, SARL, … ? » Il m’a répondu : « choisi le plus simple (profession libérale) et concentre toi sur le développement de ton business. Tu auras toujours la possibilité d’adapter ta structure si tu exploses les compteurs ». Il avait tout dit !

    Je confirme aussi qu’il est indispensable de ne pas s’isoler, que ce soit en créant un duo ou une équipe, voire plus simplement par échanges d’expériences entre confrères. C’est le meilleur moyen de progresser vite et bien (l’importance du réseau), donc d’avoir un avantage concurrentiel déterminant (la maturité) par rapport à celui qui travaille en solitaire.

  2. Amvoilure

    24 mars 2015

    Merci Jean-Philippe pour ce partage d’expérience qui enrichit le propos de l’article.
    Après recherche j’ai découvert que le Serengeti était situé en Tanzanie…!

  3. Créinvestisseurs

    7 avril 2015

    Bonjour,

    Je suis totalement d’accord avec vos propos.
    Passer du statut de salarié grand groupe à celui de créateur ou repreneur d’entreprise est violent. J’ai coutume de dire que c’est équivalent à passer de la Bentley sur autoroute au VTT.
    Tout semble équivalent en modèle réduit donc très simple et en réalité, tout est différent.
    C’est une des raisons qui m’ont amenée à créer le concept de créinvestissement qui permet à un cadre d’apporter pleinement à une TPME sa capacité à faire grandir l’entreprise tout en apprenant lui même en binôme le métier de chef d’entreprise.
    Catherine Martin

  4. Amvoilure

    7 avril 2015

    Merci Catherine pour ce commentaire qui appuie et renforce le propos.
    Passer de l’idée qu’on se fait de la « chose » à l’expérimentation puis découvrir lors de l’expérimentation que nos forces et nos fragilités ne sont pas là où nous le pensions est pour certains un choc… Les changements d’échelle (grande entreprise ou service public à la TPE ou la PME), d’environnement et de contexte modifient les comportements et les aptitudes de chacun.
    Partager en binôme peut faciliter cet apprentissage, comme partager avec de futurs associés, partenaires ou autres professionnels…

  5. @Catherine – bien vu le métier que vous faites… y a du pain sur la planche, sachant que beaucoup d’ex-salariés au Nirvana de leurs certitudes (j’en ai été) sont persuadés ne pas avoir besoin de vos services… Ceux qui font appel à vous doivent clairement avoir un avantage concurrentiel 😉

  6. Amvoilure

    7 avril 2015

    Le temps et les essais/erreurs aident certains à comprendre qu’ils peuvent accélérer le processus d’apprentissage en se faisant aider par des professionnels de l’accompagnement qui connaissent et comprennent leurs difficultés sans les juger.

  7. Créinvestisseurs

    7 avril 2015

    @Jean-Philippe, la plupart des cadres qui estiment n’avoir besoin de personne sont généralement ceux qui ont le plus besoin d’aide. Certains le comprennent après quelques mois, d’autres pas.
    Il est important que la démarche vienne du Cadre. Le créinvestissement constitue une marche pour atteindre l’entrepreneuriat. La démarche est structurée donc rassurante pour les cadres et pour les entreprises qui les accueillent. C’est donc moins difficile que créer seul ou reprendre seul.
    Les opportunités offertes par les entreprises sont nombreuses mais la grande difficulté est de trouver le binôme pérenne.

  8. Amvoilure

    7 avril 2015

    @Catherine
    Vous avez une démarche très intéressante et je serai très curieuse d’en savoir plus, rencontrant des cadres souhaitant entreprendre mais n’imaginant pas tout ce qu’implique réellement le passage du salariat à l’entreprenariat.
    Effectivement, n’ayant pas compris les enjeux, certains gaspillent temps et argent, ne savent pas se positionner comme entrepreneur et n’ont plus les ressources quand ils le comprennent pour changer de cap et c’est vraiment dommage.

  9. Créinvestisseurs

    7 avril 2015

    @amvoilure
    Vous avez parfaitement raison. Certains viennent nous voir très tard et réduisent ainsi les opportunités que nous pouvons leur offrir.

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